Bilan d'activité 2011

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Budget 2012

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Stabilité budgétaire et poursuite d'un programme d'actions riche en termes de développement et d'investissements pour notre territ...
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Développement de la filière méthanisation

DEFINITION :

La méthanisation ou « digestion anaérobie » est un procédé naturel de transformation de la matière organique par des bactéries en absence d'oxygène. Elle conduit à la formation d'un biogaz riche en méthane et utilisable comme source d'énergie :

• Eau chaude, Vapeur
• Utilisation directe en four
• Eau chaude pour le séchage
• Electricité par moteur à gaz, turbine à vapeur, turbine à gaz
• Production combinée de chaleur et d'électricité par cogénération
• Gaz naturel après épuration, Gaz carburant automobile après épuration et compression
• Air chaud pour le séchage
• Froid par machine à absorption à gaz

La digestion anaérobie est conduite dans des digesteurs, enceintes confinées à l'intérieur desquelles les réactions de fermentations sont optimisées et contrôlées, cette technologie permet aujourd'hui de neutraliser les teneurs en matières organiques de nombreux types de déchets ou sous produits biodégradables, traités seuls ou en mélange :
- déchets organiques d'origine municipale ou industrielle
- effluents agroalimentaires
- boues de station d'épuration urbaines
- déjections d'élevage - voire cultures énergétiques.

On obtient en sortie de digesteur :
- à partir de substrats solides, le digestat s'apparente après maturation à un compost
- à partir de boues ou de lisiers, l'effluent peut-être restitué aux sols
- à partir d'effluents liquides, l'effluent peut être, si nécessaire après un traitement aérobie complémentaire, rejeté dans le milieu naturel.

Enfin la méthanisation se produit spontanément à l'intérieur des installations de stockage.

CONTEXTE NATIONAL :

La France est le troisième producteur de biogaz en Europe, grâce à son parc de quelques 140 digesteurs en stations d'épurations urbaines, de 60 digesteurs d'effluents industriels, et maintenant avec une vingtaine d'installation de la valorisation du gaz de décharge.


Bien que le potentiel de production estimé à 3,5 M tep soit le plus important d'Europe, celui-ci est très peu exploité (140 000 tep/an) notamment en ce qui concerne la méthanisation des déjections d'élevages.
Il n'existe aucune installation centralisée aujourd'hui et très peu d'installations individuelles. De même, la méthanisation des biodéchets municipaux reste embryonnaire.


Mais pour tirer pleinement parti de toutes les potentialités offertes par la méthanisation, les projets nécessitent des conditions propres à une valorisation optimale du biogaz produit.

CONTEXTE DE LA METHANISATION EN LAYON-SAUMUROIS :

Le potentiel de matière organique fermentescible (effluents d'élevages, résidus de cultures, déchets agro-alimentaire) recensé sur les Pays Saumurois-Layon peut contribuer pour environ 10% aux objectifs fixés de production d'énergie renouvelable à l'horizon 2013.

D'après l'étude FR2E et SOLAGRO sur le territoire, le cheptel répertorié est de :
• 18 000 vaches,
• 7 000 chèvres,
• 7 500 ovins,
• 28 000 porcs,
• 1 million de volailles.

Ce qui représente en déjections maîtrisables : 77 000 tonnes de Matière Sèche (MS) dont 55 000 tonnes de fumier bovin [30 000 tonnes de paille], 6 000 tonnes MS de lisier (principalement porcin) et 13 000 tonnes de fientes de volaille.

Cette valorisation des effluents d'élevages permettrait de réduire de 2 500 tonnes les émissions de méthane dans l'atmosphère, dont 1 000 tonnes proviennent du lisier et 1 500 tonnes proviennent du fumier. Ce qui représente une diminution de 62 000 tonnes d'équivalent CO2 dans l'atmosphère (1 t de CH4 = 24, 8 t de CO2).

Le potentiel de biogaz mobilisable avec l'ensemble des effluents d'élevages serait de 20 000 tonnes de méthane, ce qui permettrait une production de 280 GWh.

CIBLES :

Tous porteurs de projets potentiels (collectivités, agriculteurs, entreprises, ....)

PROGRAMME D'ACTIONS :

Dans le but de développer des projets de méthanisation en Layon-Saumurois, des actions de communications et d'informations seront organisées sur les deux Pays.

Mise en place d'outils de communications locaux :

Des outils de communication sur la méthanisation ont été réalisés :
- 2 brochures d'informations sur la méthanisation (information générale, avantages et inconvénients) ont été tirés à 2000 exemplaires chacun, pour informer et sensibiliser les agriculteurs du Layon-Saumurois aux enjeux de la méthanisation sur le territoire.

Télécharger la brochures méthanisation en Layon-Saumurois

Télécharger la brochure méthanisation agricole

Organisation de conférences-débats :

Les Pays Layon-Saumurois en partenariat avec l'antenne de la Chambre d'Agriculture du Layon-Saumurois organiseront une conférence-débat sur le thème : la méthanisation une nouvelle filière énergétique en Layon-Saumurois. Cette conférence sera l'occasion de présenter le principe de la méthanisation, et aussi de débattre sur les enjeux de cette filière énergétique pour les territoires ruraux.

Voyage d'étude méthanisation :

Organisation d'un voyage d'étude sur le développement de la filière méthanisation agricole. Et ainsi permettre à des projets d'émerger et afin de tirer les enseignements des territoires ayant développés cette technologie.
Ce voyage d'une ou plusieurs journées sera proposé à l'ensemble des acteurs du territoire (agriculteurs, élus, industriels), qui sont des porteurs de projets potentiels. Ce voyage permettra également de rencontrer des maîtres d'ouvrage et des professionnels spécialisés ayant mis en place ces installations.

Etudes préalables d'aides à la décision :

En parallèle de ces différentes actions de sensibilisations et de mobilisations, des études d'aides à la décision seront lancées afin de faire émerger des projets.

• L'antenne de la Chambre d'Agriculture du Layon-Saumurois fera l'inventaire des effluents d'élevages mobilisables sur le territoire Layon-Saumurois. Cette étude financée dans la cadre du programme LEADER des Pays Layon et Saumurois permettra de mobiliser l'ensemble des acteurs du monde agricole.

• En parallèle les Pays Layon-Saumurois lanceront une étude de gisement hors effluents d'élevages, afin de compléter l'étude de la Chambre d' Agriculture. Cette étude permettra de faire un inventaire exhaustif de l'ensemble des déchets méthanisables et ainsi mobiliser l'ensemble des acteurs des territoires.

Mise en œuvre d'installations de méthanisation :

Suite à ces études et en fonction des conclusions apportées par ces études, plusieurs sites de développement de projet de méthanisation seront répertoriés en fonction des gisements de bio-déchets mobilisables dans un rayon restreint (10 km).
Un premier repérage de site potentiellement intéressant a été réalisé par le chargé de mission COT. Ce repérage s'appuie principalement sur l'adéquation entre les besoins de chaleur des entreprises locales et le nombre d'exploitations agricoles se situant dans un périmètre proche de ces entreprises.

FILIERE METHANISATION :

Points forts :

Tarif électricité attractif depuis le 28 juillet 2006
Multifonctionnalité : traitement de déchets agronomiques (IAA), amélioration valeur fertilisante des engrais de ferme, production énergie renouvelable
Possibilité pour des installations individuelles (« modèle allemand) pour les élevages les plus importants, ou collectives (« modèle danois ») pour les élevages de moins de 100 UGB.

Points faibles :

Les conditions de faisabilité : la taille ; la valorisation thermique ; les déchets
Filière émergente : constructeurs rares, réglementation inadaptée
Questions techniques pour certaines filières (fumier pailleux).

EXEMPLES D'INSTALLATIONS DE METHANISATION EN FONCTIONNEMENT SUR LE LAYON-SAUMUROIS :

Distillerie de Thouarcé :

La distillerie de Thouarcé recycle et valorise environ       26 000 tonnes de marc et 30 000 hectolitres de lies apportés chaque année par ses 1 000 adhérents.

L'effluent ultime ou vinasse, riche en matières organiques et minérales, était jusqu'ici épandu sur des cultures alentours, mais cette option du tout épandage a trouvé ses limites : une logistique lourde (circulation de camions, ...), une mauvaise image liée aux odeurs ou à des incidents de fuite dans le milieu, la difficulté de trouver des stockages intermédiaires, la nécessité de disposer de surfaces, ...


Maintenant les vinasses issues de la distillation des sous-produits viticoles sont traitées par une station de méthanisation. Cette installation représente pour le groupe des Coopératives de Thouarcé un investissement de 2,7 millions d'euros, financé à hauteur de 30 % par l'Agence de l'Eau.


La dépollution des vinasses par la méthanisation permet d'éviter ces inconvénients. Entre 200 et 300 m3 de vinasse sont produites par jour sur le site, pendant les huit mois de la campagne. Une fois récupérées, les vinasses passent par différentes étapes de traitement. Le biogaz alimente la chaudière à brûleur mixte (biogaz-fuel) qui produit la vapeur nécessaire à la distillation. Les économies de fuel pour la distillerie sont estimées à 300 tonnes par an.


Après méthanisation, le produit résiduel est stocké dans une lagune et subit des tests réalisés dans un laboratoire installé sur le site, avant son retour dans le milieu naturel, sous forme d'irrigation ou de rejet dans le cours d'eau.

Station d'épuration de Saumur :

À Saumur, les boues produisent de l'énergie. La nouvelle station d'épuration de Saumur reçoit, chaque jour, 5000 m3 d'eaux usées. C'est une première en France. Le traitement novateur des boues permet d'alimenter la chaudière de la station d'épuration. Il en coûte 16,5 millions d'euros, dont une aide 5,2 millions d'euros de l'agence de l'eau Loire-Bretagne. Cette station traite à la fois les eaux usées des habitants et des industriels ou celles des viticulteurs, soit 5 000 m3 par jour pour l'ensemble. À leur arrivée, les eaux sont soumises à prétraitement. Les sables décantent au fond du site de stockage, tandis que les graisses en suspension sont raclées, puis envoyées vers un traitement spécifique. Les autres matières -on compte 5 000 fosses septiques individuelles dans l'agglomération- sont, également, traitées sur le site. Le traitement biologique s'effectue dans deux bassins pour l'aération des effluents et la création de conditions adaptées au développement de la flore bactérienne.

Deux autres bassins permettent la décantation des boues. Après analyse, l'eau traitée rejoint la Loire. Les boues font l'objet d'un traitement particulier et novateur baptisé Thélys. Il est, pour l'instant, unique en France. Deux centrifugeuses réduisent d'abord les volumes. Les boues sont ensuite chauffées à haute pression et haute température afin d'augmenter la quantité de matière organique biodégradable. Puis, c'est la phase de dégradation de la matière organique et la production de bio gaz qui permet l'alimentation de la chaudière vapeur et le chauffage des bâtiments. « Cela représente 14 % de l'électricité consommée sur le site », souligne Olivier Pécaud de la communauté d'agglomération. Au dernier stade de l'opération, les boues digérées sont à nouveau déshydratées, puis stockées dans un silo. Ensuite elles sont utilisées en agriculture dans le cadre d'un plan d'épandage.

Industrie Agro-alimentaire Lacheteau (Z.I La Saulaie) :

L'entreprise Lacheteau est installée sur la zone industrielle de la Saulaie à Doué-la-Fontaine depuis 2000. Lors de son installation, cette entreprise de vinification possédait des contraintes liées au traitement de leurs eaux usées : peu de place disponible, coût de raccordement au réseau d'assainissement public élevé, forte alternance des taux de charges DCO des eaux usées. Afin de remédier à l'ensemble de ces contraintes, l'entreprise Lacheteau a décidé de traiter ces eaux grises par l'intermédiaire d'un méthaniseur qui est en fonctionnement depuis 2002.